Quitter Paris? Les classes moyennes entre centres et périphéries

Publié le 7 janvier 2019 Mis à jour le 7 janvier 2019

Quitter Paris ? Les évolutions du Grand Paris placent ses habitants, y compris ceux des classes moyennes, devant des choix difficiles. Cette situation suscite de multiples débats scientifiques, politiques et médiatiques, mettant en cause les processus de ségrégation urbaine à l’oeuvre dans la métropole parisienne. Ces discussions sont à l’origine de ce livre.

Quitter Paris ? Les évolutions du Grand Paris placent ses habitants, y compris ceux des classes moyennes, devant des choix difficiles. Cette situation suscite de multiples débats scientifiques, politiques et médiatiques, mettant en cause les processus de ségrégation urbaine à l’oeuvre dans la métropole parisienne.
Ces discussions sont à l’origine de ce livre.
Comment les classes moyennes habitent-elles une région capitale dont le coeur leur est de plus en plus inaccessible ? Quelle place Paris intra-muros peut-elle conserver dans leur vie quotidienne ? La banlieue et les couronnes périurbaines ne sont-elles que des territoires de relégation, un choix par défaut, faute de pouvoir vivre au centre ? N’est-il pas temps de reconnaître les attraits des territoires situés au-delà du boulevard périphérique, et même au-delà de la Francilienne ?

Les études urbaines abordent la relation des classes moyennes à la ville sous trois angles principaux : la gentrification, la périurbanisation, la dualisation des métropoles – avec la mixité sociale comme question transversale et la région parisienne comme terrain privilégié d’observation. Ces analyses restent trop souvent distinctes : ce livre établit les liens indispensables pour comprendre la métropolisation et les relations systémiques entre les différentes dynamiques qui la constituent.

Tandis que certains tiennent à rester coûte que coûte au coeur historique de la métropole, pour d’autres quitter Paris ne se réduit pas à l’éloignement.
Vivre dans les périphéries de Paris, c’est aussi ouvrir la possibilité de bénéficier d’un autre cadre de vie, dans les communes des banlieues plus ou moins « proches » ou dans les villages des campagnes périurbaines, au-delà des limites les plus visibles de l’agglomération.

Pour saisir la place des classes moyennes dans la métropole et leurs rapports très divers au territoire, l’approche adoptée articule plusieurs dimensions : les mobilités résidentielles et quotidiennes, les usages des commerces et des équipements, les sociabilités et l’école. L’équipe de chercheurs réunie ici a mené deux cents entretiens qualitatifs auprès de ménages de classes moyennes installés dans cinq quartiers ou communes d’Ile-de-France.

L’ouvrage qui en résulte est une contribution essentielle à l’analyse du rapport des classes moyennes à Paris et à ses périphéries.

Stéphanie Vermeersch, directrice de recherche en sociologie urbaine
au CNRS, membre du Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement
(UMR CNRS LAVUE) dont elle a été directrice.
Lydie Launay, maîtresse de conférences en sociologie à l’Institut national
universitaire Champollion, univ. fédérale de Toulouse, membre du laboratoire
interdisciplinaire
Solidarités, sociétés, territoires (UMR LISST).
Éric Charmes, chercheur en études urbaines à l’ENTPE (université de
Lyon), dirige le laboratoire de recherches interdisciplinaires Ville Espace
Société (RIVES, composante de l’UMR EVS). Il a publié aux éditions
Créaphis La rue, village ou décor ? Deux rues à Belleville (2006).
Vient de publier La revanche des villages (Seuil, 2019).
Marie-Hélène Bacqué, professeure en études urbaines à l’université
Paris Nanterre et membre du laboratoire Mosaïques (UMR LAVUE).
En couverture : « Paris, A Man on Roof », photo de François Le Diascorn, circa 2000.