-
Partager cette page
Flux
>> La vie au Lisst, la vie du Lisst
>> Comptes-rendus des activités
- [halshs-05842977] Des gestations pour autrui incertaines. A propos du parcours procréatifs d’hommes gays dans les Amériques28 octobre 2026Depuis au moins une vingtaine d’années, un nombre important d’hommes gays français, animés du désir de devenir parents s’engagent dans des parcours de procréation transnationaux. Seuls ou en couple avec un autre homme, ils recourent aux services d’une femme qui accepte de porter un enfant pour eux, un enfant conçu grâce au concours d’une autre femme qui donne ses ovocytes. Ces parcours procréatifs, engagés avec l’aide, parfois, d’associations ou de parents ayant déjà fait cette expérience, sont médiés, dans le pays vers lequel les candidats à la parentalité se tournent, par de services médicaux d’assistance à la procréation, par des agences commerciales, des avocats. Le rapport à ces professionnels et les services médicaux spécialisés localement dans l’accompagnement de gestations pour autrui et aux professionnels qui y travaillent est de nature très différente de celui qu’entretiennent les candidat·es à la parentalité accompagnés par des services médicaux d’assistance à la procréation en France. Si les couples de femmes et les personnes transgenres doivent parfois faire œuvre en France de conviction auprès de professionnel·les qui se questionnent encore souvent à propos de la légitimité de leur demande, la légitimité de la sollicitation des personnes qui sollicitent un accompagnement médical à la gestation pour autrui dans un pays qui l’organise n’est quasiment jamais questionnée. Sans doute parce que ce type d’assistance portée à un projet de parentalité y est monétisée, ce qui contribue à transformer la nature de la relation entre les demandeurs et les services médicaux. Peut-être aussi parce que, dans les contextes que j’étudie - essentiellement en Amérique du nord -, la gestation pour autrui y est encadrée au motif de la justice procréative ; ce qui pose pour principe que la demande est légitime. En dépit de cela, le fait que ces parcours se déroulent dans un autre pays, une autre culture, où on parle une autre langue, à des milliers de kilomètres de chez soi, dans un contexte économique où des agences de GPA peuvent, du jour au lendemain, arrêter leur activité, complique singulièrement les relations et teintent ces parcours d’une relative incertitude. C’est la singularité de ces parcours procréatifs conduits dans des contextes législatifs et règlementaires rassurants mais dans un contexte géographique, culturel et économique source d’incertitude que cette communication analysera.
- [hal-05608366] « Et ils vont bien ? » Évaluer le dossier des candidat·es au don dans les centres d’AMP français30 avril 2026En France, la hausse de la demande en dons de gamètes a allongé les délais d’accès, rendant crucial le recrutement régulier de donneurs et donneuses. Pour ce faire, les professionnel·les des centres d’assistance médicale à la procréation (AMP) mettent en œuvre plusieurs étapes permettant d’évaluer le dossier des « candidat·es au don ». Si le processus n’est pas homogène sur le territoire, un même souci est partagé dans les centres : comment s’assurer de la bonne foi des informations récoltées auprès des candidat·es et comment ne pas passer à côté d’un antécédent problématique ? Cette communication analysera les pratiques par lesquelles les praticien·nes des centres d’AMP recrutent des donneurs et donneuses de gamètes, à partir d’observations et d’entretiens menés dans 5 établissements publics français (Juin 2025-Mai 2026). Elle étudiera les critères et conditions d’évaluation des dossiers en s’intéressant notamment aux cas de récusation.
- [hal-05608335] Trouver l’équilibre : recruter les donneurs et donneuses de gamètes dans les centres d’AMP français30 avril 2026Alors que l’infertilité progresse et que les couples de femmes et les femmes célibataires ont été autorisés à bénéficier du recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP) en 2021, la demande en dons de gamète a fortement augmenté en France. Les délais d’attente se sont également rallongés – 1,5 ans pour un don de spermatozoïdes et 2 ans pour un don d’ovocytes en moyenne en 2025 –, rendant le recrutement régulier de donneurs et donneuses crucial dans le secteur. En France, ce recrutement est assuré par les équipes pluridisciplinaires des centres d’AMP (biologistes, gynécologues, psychologues, conseiller·es en génétique, sage-femmes) qui évaluent le dossier des « candidat·es au don » : recueil des antécédents médicaux, discussion sur les motivations, évaluation de la fertilité. Ce processus, encore peu investigué en sciences sociales, ne fait pas l’objet d’une homogénéisation nationale et varie donc en fonction des centres. Comment les professionnel·les de l’AMP procèdent-iels à l’évaluation des dossiers ? Sur quels critères le recrutement est-il fondé ? Cette communication analysera les pratiques par lesquelles les praticien·nes des centres d’AMP recrutent des donneurs et donneuses de gamètes, à partir d’observations et d’entretiens menés dans 5 établissements publics français (Juin 2025-Mai 2026). Elle s’intéressera notamment aux situations nécessitant une forme d’arbitrage et explorera les formes d’équilibre qui président à l’acceptation ou la récusation des candidatures au don.
- [hal-05805014] Genetic Knowledge in Reproductive Contexts19 octobre 2026In the 1990s, Marilyn Strathern demonstrated how genetic knowledge transforms the way we think about procreation and kinship. According to Strathern, knowing that one is related to someone or carries a genetic disease has an irreversible effect: once this information is known, it cannot be unlearned. At best, individuals can choose not to “activate” this knowledge. This paper discusses this concept, drawing on ethnographic research conducted in France between 2020 and 2025 with individuals undergoing preimplantation genetic testing (PGT), a technique used to select embryos free of genetic diseases. The focus is on situations where carrier status is distanced or forgotten. Often, it is only following a reproductive event, such as infertility, miscarriage or the birth of a sick child, that this information resurfaces and acquires explanatory value. Procreation thus emerges as a pivotal moment in the reactivation of genetic knowledge. Drawing on these cases, I argue that genetic knowledge does not impose itself continuously or irreversibly. Rather, it is modulated, reinterpreted, or suspended depending on the context. Genetics appears less as an immediate truth and more as knowledge that must be contextualised, interpreted and incorporated into narratives in order to be understood. In this context, procreation serves as an analytical lens through which to understand genetic knowledge.
- [halshs-05842973] « Une parenté sans sexualité », vraiment ? À propos de la construction de la parenté dans les familles homoparentales28 octobre 2026Dans un article paru en 2013, intitulé « Parenté sans sexualité. Le paradigme occidental en question », Chantal Collard et Françoise Zonabend soulignent que, jusque dans les familles adoptives, recomposées, constituées grâce à un don de gamètes ou homoparentales, l’émergence de la prohibition de l’inceste – indicateur de l’existence de liens de parenté – réinjecte de la sexualité dans une « parenté sans sexualité ». Elles assènent que la filiation – au sens de l’anthropologie – se construit dans ces familles sans le concours de la sexualité et que dans les autres – les familles hétéroparentales où on procrée sous la couette (mais cela, elles ne le précisent pas) – la filiation se fabrique avec la sexualité. Je propose de prendre au sérieux un fondement de l’anthropologie de la parenté contemporaine qui, sans nier le rôle que jouent les corps et l’idée que l’on se fait de ce rôle, a pris, dans les années 1990, un tournant résolument constructiviste. D’abord, lorsqu’un couple hétérosexuel procrée sans assistance, la sexualité et l’amour réciproque sont certes des actes inauguraux mais la relation filiative qui se noue avec leur enfant et l’écheveau de relations de parenté dans lesquelles leur enfant est consécutivement pris sont un construit social. Ensuite, je formule une proposition. Même si la sexualité d’un couple d’hommes ou d’un couple de femmes ne permet pas de concevoir un enfant, leur lien réciproque et toutes ses manifestations – y compris donc la sexualité – contribuent à légitimer leur statut de parent et les relations de parenté qui se nouent autour de leur enfant.
>> Comptes-rendus des activités