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Motion du LISST
Publié le 22 octobre 2026 – Mis à jour le 22 octobre 2026
du 22 octobre 2026 au 31 décembre 2026
soutien aux mouvements lycéens et étudiants
Motion adoptée le 22 octobre en conseil de laboratoire du LISST.
Le conseil de laboratoire du LISST – UMR 5193, réuni le 22 octobre 2026, se déclare solidaire du mouvement social dans les lycées et les universités.
Les étudiant·es sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux à l’être ; leur santé mentale se dégrade, leurs conditions de vie sont de plus en plus précaires et de lourdes incertitudes pèsent quant à leur avenir, accentuées par des plateformes de candidature aux formations supérieures anxiogènes.
Les enseignant·es chercheur·es, les chercheur·es et les personnels d’appui à la recherche travaillent dans des conditions qui elles aussi ne cessent de se dégrader. Le nombre de postes se réduit alors que la charge de travail augmente, les rémunérations stagnent, les dotations pérennes des laboratoires baissent, les conditions pour accéder à des financements de projets de recherche se durcissent. La demande de performance ne cesse de croître tandis que nous devons travailler avec toujours moins de moyens.
Les établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche et les organismes de recherche voient leur budget raboté chaque année. 100% des universités ont voté un budget en déficit en 2026 ; beaucoup sont au bord de la faillite. Pas parce qu’elles sont mal gérées, mais parce que l’État n’assume plus ses responsabilités. Avec 0,74% du PIB consacré à la recherche publique en 2023, c’est-à-dire comme il y a 20 ans, ce niveau se situe bien en-dessous des engagements pris par l’État à l’échelle européenne.
Nous appelons à ce que devant ce constat alarmant, qui hypothèque gravement l’avenir, l’État consacre enfin les moyens nécessaires à la poursuite des missions du service public, en particulier des établissements publics de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’État doit garantir aux établissements et aux laboratoires scientifiques les ressources qui leur permettent de proposer des formations aptes à favoriser la réussite du plus grand nombre de jeunes et de conduire des travaux de recherche ambitieux au bénéfice de la connaissance et du bien-être de toutes et tous.
Nous appelons l’État à assumer ses responsabilités vis-à-vis des jeunes en leur permettant, si elles et ils le souhaitent, de poursuivre leurs études sans avoir à sauter des repas ni à se demander comment payer leur loyer, en leur garantissant la liberté de revendiquer et de manifester en toute sécurité et en les écoutant.
L’activité des universités et des organismes de recherche ne peut pas reprendre comme si de rien n’était. Il est nécessaire que les mobilisations se poursuivent pour que le gouvernement replace les jeunesses, l’éducation et la recherche au centre de ses priorités. La fermeture des campus limite nos rencontres et isole les plus vulnérables parmi les étudiant·es et les personnels. La réouverture des universités permettrait à celles et ceux qui en ont besoin, d’accéder à des espaces de travail, à des lieux pour faire vivre les collectifs, agir sur les conditions d’un mieux-vivre et penser l’avenir.