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Cartographie sensible des relations entre les habitant·es et les arbres en ville
Découvrir le projet CARTOSAV financé par la Région Occitanie et la COMUE de Toulouse
Ce projet de recherche explore les relations qui s'établissent entre des habitant·es et des arbres en ville et leurs enjeux de transition écologique et sociale, à travers des expérimentations de cartographie sensible. Il se déploie suivant deux axes de recherche : le premier centré sur des questions théoriques de représentations de nos relations au Vivant et aux arbres ; le deuxième centré sur des questions méthodologiques liées à la cartographie sensible comme méthode d’enquête.
La transition écologique, enjeu majeur de l'urbanisme, s'exprime entre autres à travers la question des arbres en ville. Leur présence influe sur l'habitabilité des milieux urbains et la vie quotidienne des habitant·es. L’étude locale de ces enjeux a été amorcée dans le cadre du projet de recherche-action participative TRAME (Transition : des arbres dans la métropole), qui analyse les transformations socio-environnementales induites par le redéploiement des espaces arborés dans la métropole toulousaine.
Le projet CARTOSAV se focalise sur l'approche relationnelle centrée sur le vécu des habitant·es, prenant en compte la dimension subjective de leur relation au vivant dans son inscription territoriale. Si les données géographiques, écologiques et socio-économiques peuvent orienter les choix d'aménagement urbain, la présence ou l'absence d'arbres en ville est aussi liée à des considérations sociales : bien-être, usages sociaux de l'espace, attachement aux lieux, justice environnementale, tensions habitants/aménageurs, etc. L'approche quantitative et spatiale ne suffit pas pour répondre aux questions soulevées par une approche plus relationnelle et sensible de l'écologie, qui interroge les relations entre les êtres vivants et leur milieu de vie (mésologie), ainsi que les relations entre êtres humains et non-humains cohabitant sur un même territoire. Cette étude s'inspire des pensées de l'écologie pour dépasser les dichotomies de la pensée occidentale moderne (nature/culture, humain/environnement, sciences naturelles/humaines), mais aussi des sciences et pratiques du paysage, dans leurs dimensions culturelles et opérationnelles. L’attention à l’expérience vécue, à travers une écologie sensible et située, révèle les dimensions qualitatives, matérielles et culturelles de ces relations. L'approche paysagère permet de répondre à ces questions, de manière adaptée au terrain et à la singularité de chaque situation.
Ces problématiques se rendent visibles dans les cartes. En représentant la végétation sous forme d'aplats verts (opposés au gris des constructions humaines), on reproduit les modèles esthétiques et cognitifs de la pensée naturaliste : séparation entre ''nature'' et ''culture', approche cartésienne qui réduit les arbres à des ''objets naturels'' disposés dans l'espace ; regard extérieur et surplombant de l'Homme sur l'environnement. Ces représentations abstraites valorisent les données spatiales et quantitatives, mais ne disent rien des relations qui s'établissent entre les humains et les arbres.
L'approche paysagère, comme la géographie critique, sociale ou environnementale, favorisent plutôt des pratiques de terrain sensibles et immersives : exploration sensible, parcours commentés, cartographie critique, radicale, participative. La cartographie sensible, qui consiste à « tracer des expériences spatiales (...) en partant de l’enregistrement du vécu, prenant en compte sa dimension sensible et cognitive » (Olmedo), est mobilisée par divers acteurs (paysagistes, artistes, géographes, habitants) pour différentes démarches : projet d'aménagement, médiation paysagère, réappropriation du territoire, méthode d'enquête, sensibilisation aux problèmes spatio-environnementaux, etc.
La cartographie sensible est utilisée dans ce projet de recherche comme une méthode d'enquête centrée sur l'expérience vécue des habitant·es en relation aux arbres de leur quartier (perception, valeurs, attachements…). La démarche expérimentée associe une pratique de recherche-création expérimentale, et des ateliers participatifs avec les habitant·es de différents quartiers, en deux temps. D'abord un parcours en immersion dans un quartier urbain, combinant une éducation de l'attention au sensible (cinq sens, sentiments, signification) et des pratiques de notation graphique in situ. Ensuite la réalisation, individuelle ou collective, de cartes sensibles.
Ce projet a été initié dans le cadre du projet de recherche interdisciplinaire TRAME (Transitions : des arbres dans la métropole) porté par l’Atecopol (Atelier d’écologie politique), et est développé au sein du LISST dans le cadre du Défi Clé O3T (Observation de la terre et des territoires en transition) de la Région Occitanie.
Type de projet :
Recherche-création participative
Durée du projet :
24 mois (janvier 2026 - décembre 2027)
Porteur du projet :
Yanis BELCHUN, LISST-CIEU, Atecopol
Consortium :
- Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires - LISST (UMR 5193) - équipes CIEU (Yanis Belchun) et CERS (Julien Gros, référent scientifique)
- Atelier d'écologie politique - ATECOPOL (plate-forme d'expertise MSHS-T, UAR 3414) - équipe du projet TRAME
- Défi clé O3T – Observation de la terre et des territoires en transition (Région Occitanie, COMUE Toulouse) - groupe Milieux urbanisés
- avec Andréa Jeansen, stagiaire MNHN/IEP Toulouse
Crédits photos :
© Yanis Belchun