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Soutenance de thèse de Gabrielle de Chevron Villette
14h00
Maison de la recherche - salle D31
Gabrielle de Chevron Villette, Doctorante au LISST-DR
Les écolieux résidentiels en milieu rural : quel ancrage territorial ?
Thèse en géographie
Jury :
Laurence BARTHE, Maîtresse de conférences, Université Toulouse - Jean Jaurès, LISST-DR
Christophe IMBERT, Professeur des Universités, Université de Rouen Normandie, IDEES
Yannick SENCEBE, Maîtresse de conférences, Institut Agro Dijon, CESAER
Monique POULOT, Professeure des Universités émérite, Université Paris Nanterre, LAVUE, rapporteure
Michaël POUZENC, Professeur des Universités, Université Toulouse - Jean Jaurès, LISST-DR, directeur
Jérôme PELENC, Maître de conférences, Université Toulouse - Jean Jaurès, LISST-DR, co-directeur
Fabrice RIPOLL, Professeur des Universités, Universités Paris Est Créteil, Lab'URBA, rapporteur
Résumé :
Selon une étude menée par l’institut de sondage IFOP (2018) auprès de l’association Familles Rurales, 4 Français sur 5 considèrent la vie à la campagne comme un mode de vie idéal (qu’ils y travaillent ou non). Parmi celles et ceux qui concrétisent leur désir de campagne, on trouve des habitants et habitantes des écolieux résidentiels. Leur choix d’ancrage s’inscrit à contre-courant de la réalité urbaine du paysage démographique et économique français, et en contradiction avec les aspirations contemporaines du point de vue de l’habitat (choix d’un habitat collectif ou partagé plutôt qu’un pavillon individuel).
On peut définir l’écolieu comme un lieu d’habitat collectif, dans lequel vivent, sur un même terrain, au moins deux foyers différents. Les membres du collectif partagent le souhait de vivre de façon plus sobre et plus respectueuse du vivant, en cherchant à mettre en pratique une forme d’autonomie (Berlan, 2021), en remettant en cause les modes de vie urbains. Ils s’inscrivent tout autant dans une démarche d’ouverture, auprès des habitants et habitantes du territoire d’implantation en particulier, dans le souci de montrer par l’exemple qu’un autre mode de vie n’est pas seulement désirable, mais aussi possible. A partir d’une méthodologie à trois niveaux articulant des approches quantitatives (analyse spatiale et statistique) et qualitatives (enquêtes au long cours reposant sur des observations participantes et des entretiens semi-directifs), la thèse cherche à répondre à la question suivante : quelles sont les modalités d’ancrage territorial des écolieux résidentiels en milieu rural ? Comment leurs habitants articulent-ils aspirations à l’autonomie et désirs d’ouverture, marginalisation (in)volontaire et enjeux d’intégration ?
L’ancrage territorial est défini ici à la fois comme un processus de création d’attaches résidentielles initié par des individus, et comme un ensemble de liens réciproques, plus ou moins formalisés, entre une entité et son territoire. Ces liens se créent, se maintiennent, se réajustent, se renforcent, voire se brisent au fur et à mesure du temps. A partir du cas des écolieux, il s’agit d’articuler une réflexion sur les trajectoires résidentielles, plus ou moins en rupture avec le mode d’habiter précédent et en marge d’un mode d’habiter dominant, à une réflexion plus systémique sur les réseaux d’acteurs et de lieux façonnant un territoire. La première partie de la thèse est consacrée au cadrage théorique, méthodologique et sémantique de l’objet d’étude, en mettant l’accent sur la définition de l’écolieu, au-delà de ses diverses constructions empiriques. La deuxième partie de la thèse est consacrée à l’étude du processus d’ancrage en écolieu en questionnant le phénomène à la fois d’un point de vue macro (répartition démographique, ampleur démographique et symbolique) et d’un point de vue micro (motivations, déclencheurs, changements de pratiques à l’échelle des individus). La troisième partie de la thèse porte sur les dynamiques d’attachement entre des individus, un lieu, un territoire et des milieux, afin de mieux comprendre l’empreinte des écolieux sur leur territoire d’implantation et l’encastrement d’acteurs et de lieux qui s’y opèrent.
D’un point de vue scientifique, cette thèse éclaire l’essor des écolieux, à la fois reflets et acteurs des changements de modes d’habiter qui s’opèrent dans les espaces ruraux. Elle invite à appréhender cet objet d’étude dans sa diversité et sa complexité, en relativisant la place accordée au renouveau du lien à la nature dans les motivations de l’ancrage, au profit d’une attention portée à la recherche de nouvelles formes de sociabilité prenant appui sur l’espace rural et l’habitat collectif. Sur le plan épistémologique, elle approfondit la notion d’ancrage territorial à partir d’un objet d’étude situé au croisement de plusieurs champs de littérature : mobilités résidentielles, attachement au(x) lieu(x), retours à la terre et autonomie.
Contact : Gabrielle de CHEVRON VILLETTE
Crédit photo :
© Le hameau léger du Placis (22)
Chantier d'autoconstruction de la maison commune
G. de Chevron Villette, juillet 2023