Soutenance de thèse de Valentina Novaglio

Publié le 15 avril 2026 Mis à jour le 15 avril 2026
le 5 juin 2026 Toulouse - Campus du Mirail
soutenance_valentina_novaglio
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14h00
Maison de la recherche - salle D29



Valentina Novaglio, ATER en géographie, Doctorante au LISST-DR


Gouverner le territoire pour développer la mine : 
la mise en ressource de la Cordillère du Cóndor (Amazonie équatorienne)


Thèse en géographie politique



Jury :

Silvina Carrizo, professeure des universités, CONICET Argentine, rapporteure
Martine Guibert, professeure des universités, Université Toulouse - Jean Jaurès, LISST-Dynamiques Rurales, directrice de thèse
Évelyne Mesclier, directrice de recherche, Rapporteure, IRD, PRODIG, rapporteure
Géraud MAGRIN, professeur des universités, Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, PRODIG
Luis Orozco, professeur des universités, Université Toulouse - Jean Jaurès, LEREPS, Co-directeur de thèse,
Solène Rey-Coquais, maîtresse de conférences, Université Paris 3 - Sorbonne-Nouvelle, CREDA
William Sacher, maître de conférences, Universidad Andina Simón Bolívar

Résumé :

Dans le contexte de la transition énergétique, la recherche d’alternatives aux hydrocarbures met d’autres ressources au premier plan : les minéraux. Leur demande augmente, leur concentration dans les roches diminue, rendant de nouveaux territoires économiquement exploitables. Par ailleurs, les arènes de production de normes se multiplient, de l’échelle internationale (standards globaux) à l’échelle locale (conflits et négociations).
Cette thèse interroge l’origine, les modalités et la légitimité des pouvoirs de régulation qui gouvernent les espaces miniers, en postulant qu’une approche géographique des régulations permet de saisir à la fois leur inscription dans l’imbrication de différentes échelles de pouvoir et leur rôle actif dans la production de ces échelles. Elle le fait à partir de l’analyse empirique de quatre sites ou projets d’extraction minière portés par des entreprises canadiennes et chinoises au sein de la Cordillère du Cóndor, située dans le sud-est amazonien de l’Équateur. À la croisée de la théorie de la régulation, de la géographie critique et des études sur la gouvernance des ressources, la thèse analyse : (1) le processus historique, impulsé par l’État, d’institutionnalisation régionale de l’Amazonie, que nous considérons comme extractive ; (2) les stratégies de licence sociale d’exploitation (LSE) mises en œuvre par les entreprises ; et (3) leurs retombées politico-territoriales.
L’étude des stratégies d’entreprises de différentes provenances (Canada, Chine), dont les projets sont à des stades variés du cycle minier (exploration, exploitation) met en évidence à la fois la diversité des modalités d’articulation entre entreprises, institutions étatiques et acteurs locaux dans la régulation du territoire minier, et la récurrence de la périphérisation des processus de développement territorial. La Cordillère du Cóndor témoigne de la fabrication d’une échelle de régulation résultant de l’assemblage d’interventions à différentes échelles : normes et standards globaux, politiques glocalisées des acteurs privés de gouvernance « horizontale » et interventions étatiques reconfigurées. Cet assemblage, qui stabilise l’espace minier, prétend inclure les acteurs et gouvernements locaux, mais il dépolitise les processus contestataires aux projets et participe à la reproduction des trajectoires de mal-développement territorial.


Contact : Valentina NOVAGLIO
 

Crédit photo :
 © Dillon Marsh,
All the gold ever mined: 216,265 metric tons